Déclaration liminaire CGT Éducation 91
CSA-SD — Bilan de rentrée 2025
Mesdames, messieurs les membres du CSA,
Cette nouvelle année scolaire débute par une annonce spectaculaire du ministre Édouard Geffray :
« À la rentrée 2026, il y aura 21 élèves par classe dans le premier degré. »
Sur le papier, l’annonce est séduisante.
Dans les faits, elle est incompréhensible.
En Essonne, atteindre cet objectif nécessiterait près de 400 professeur·es des écoles supplémentaires.
Or, la pénurie est déjà massive.
Pour l’instant, cette annonce relève donc de l’effet d’affichage politique.
Premier degré : le terrain dément les discours
Dans le premier degré, la réalité est brutale.
Certaines classes comptent 29, 30, parfois 31 élèves.
Dans le même temps, les besoins liés à l’inclusion explosent.
Dans de très nombreuses écoles de l’Essonne, les équipes font face à une situation devenue alarmante :
- des dizaines d’élèves en attente de dossiers MDPH depuis des mois, parfois plus d’un an ;
- des notifications qui n’arrivent pas ;
- des heures d’AESH insuffisantes ;
- des aménagements provisoires devenus permanents faute de moyens.
Les personnels accueillent des élèves porteurs de troubles parfois sévères, non verbaux,
présentant des passages à l’acte quotidiens, sans l’accompagnement humain nécessaire.
La situation est telle que de nombreux collègues rédigent des fiches SST
pour signaler la mise en danger des personnels comme des élèves.
Les bilans médicaux indispensables à l’ouverture des droits sont extrêmement difficiles à obtenir dans des délais raisonnables,
retardant encore la reconnaissance des besoins.
Quant aux élèves notifiés en IME, l’absence de places disponibles — parfois depuis plus de cinq ans — plonge certaines classes dans une détresse profonde.
Dans ces conditions, comment parler sérieusement d’inclusion ?
Les équipes sont épuisées.
Elles demandent des moyens, pas des slogans.
Second degré : mêmes logiques, mêmes dégâts
Dans le second degré, la pression continue de s’intensifier :
- effectifs surchargés ;
- emplois du temps intenables ;
- postes non pourvus ;
- pression hiérarchique accrue sur les personnels.
Une situation humaine et politique inacceptable
À ces difficultés s’ajoute une situation humaine gravissime.
Les politiques menées contre les droits des étranger·es se durcissent.
En Essonne, les OQTF frappent des jeunes scolarisé·es, brisant brutalement leur parcours de formation.
Nous déplorons que la DSDEN ne défende pas systématiquement ces élèves
qu’elle a pourtant la responsabilité de scolariser.
Le droit à l’éducation doit être garanti pour toutes et tous.
Cette politique indigne doit collectivement nous alerter :
nous avons le devoir de défendre des valeurs de justice,
d’humanité et de cohérence entre les services publics.
À ce titre, nous tenons à remercier Monsieur le Recteur de n’avoir pas interrompu
le contrat d’un collègue n’ayant pu obtenir de rendez-vous en préfecture
dans les délais pour le renouvellement de son titre de séjour.
La CGT Éducation dit stop.
De l’argent, il y en a.
Ce qui manque, c’est la volonté politique de le mettre dans l’Éducation nationale.
👉 Le 2 décembre, toutes et tous en grève !
Pour l’augmentation des salaires.
Pour l’enterrement du budget d’austérité.
Pour nos métiers.
Pour nos élèves.
Pour une école publique qui tienne debout.
Syndiquez-vous ✊
Face au mépris, à l’austérité et à l’épuisement des équipes,
ne restez pas isolé·e.
🟥 Seul·e, on subit. Ensemble, on gagne.
Se syndiquer, c’est être accompagné·e, défendu·e, informé·e.
C’est transformer la colère individuelle en rapport de force collectif.
