DECLARATION ET COMPTE RENDU CSA CGT ÉDUC’ACTION 91

CSA-SD du 24 mars 2026

Suppressions de postes, moyens insuffisants, dialogue social fragilisé

Déclaration liminaire – CGT Éduc’action
CSA-SD du 24 mars 2026

Le budget adopté sacrifie les services publics. Il constitue un refus de justice sociale et fiscale, au profit de choix budgétaires tournés vers le militaire, dans un contexte international pourtant marqué par des tensions et des risques économiques majeurs.

Face à cette situation, la CGT Éduc’action réaffirme qu’une politique de paix et de réponse aux besoins sociaux est indispensable.

Depuis 2010, la valeur du point d’indice n’a été revalorisée que très marginalement. La seule augmentation significative n’a fait que compenser partiellement l’inflation. Cette politique a entraîné un appauvrissement massif des personnels et une perte d’attractivité des métiers, favorisant le recours accru à la précarité.

Il est urgent d’augmenter les salaires pour rompre cette spirale.

Les conditions de travail se dégradent fortement, avec un impact direct sur la santé des personnels. L’épuisement professionnel se généralise, dans un contexte où les collègues maintiennent le service public à bout de bras.

La dégradation de la protection sociale aggrave encore la situation : maintien du jour de carence, indemnisation des arrêts maladie réduite à 90 %. Ces mesures sont injustes et pénalisantes, notamment pour les femmes.

La CGT Éduc’action exige la suppression de ces dispositifs et la mise en place du 100 % Sécurité sociale.

Dans le département, de nombreux personnels contractuels subissent des situations de trop-perçu après un arrêt maladie. Les modalités de recouvrement les placent parfois dans une grande précarité.

Il est indispensable :

  • de réduire les trop-perçus
  • d’améliorer le suivi administratif
  • de mettre en place la subrogation
  • de limiter l’impact financier des remboursements

Dans un contexte de préparation de rentrée, la hausse démographique impose de créer massivement des postes. Les annonces actuelles sont insuffisantes.

La CGT Éduc’action revendique :

  • des créations de postes d’enseignant·es et d’AESH sous statut
  • le renforcement de l’inclusion scolaire
  • une amélioration de la politique de remplacement
  • la création de postes administratifs

Nous refusons les logiques de tri social, notamment les dispositifs de type PAS, ainsi que la militarisation des élèves et le développement des classes défense.

Nous demandons une refonte de la carte de l’éducation prioritaire, incluant les lycées, sur des critères objectifs et transparents.

Face à la situation, un plan d’urgence pour l’Éducation nationale est nécessaire.

La CGT Éduc’action soutient toutes les mobilisations en cours et appelle, avec l’intersyndicale, à la grève le 31 mars dans le cadre de la semaine du 30 mars au 3 avril.

Le CSA-SD du 24 mars 2026 s’est tenu dans un contexte de fortes tensions sur les moyens, les conditions de travail et l’organisation des établissements.

Les organisations syndicales ont unanimement dénoncé les choix budgétaires et leurs conséquences concrètes sur le terrain.

Une réalité masquée derrière les chiffres

Le solde affiché est de 40 créations de postes. En réalité :

  • 18 postes sont fléchés sur des ouvertures spécifiques (Claudine Herman, Wissous)
  • 11 postes concernent le lycée Nadar
  • Seulement 11 postes répondent réellement à l’augmentation démographique

Au total, le département compte 56 postes supplémentaires, issus d’un jeu d’équilibre entre suppressions et créations.

Voie professionnelle et technologique : une offre sous tension

Voie professionnelle :

  • Création de 0,5 division en 2MRC à Pierre Mendès France
  • Ouverture d’une mention complémentaire à Perret (Évry)
  • Fermeture d’une FCIL métiers de la sécurité à Belmondo (Arpajon)
  • 6 classes « avenir » dans le département

Voie technologique :

  • Création de 2 divisions ST2S à Bondoufle
  • Ouvertures provisoires pour redoublants (STMG Mercatique, RH, etc.) réparties sur plusieurs établissements

Collèges : suppressions, ajustements et tensions

Le solde est de +18 postes, résultant de :

  • 36 suppressions (dont 17 vacantes)
  • 54 créations
  • 3 dispositifs ULIS supplémentaires

Seules 3 transformations de BMP en postes ont été validées (EPS, mathématiques, espagnol), malgré des demandes plus importantes.

Deux suppressions supplémentaires en EPS ont été actées suite à mutations.

L’administration met en avant un travail d’ajustement et de stabilisation des postes, mais la réalité reste marquée par l’insuffisance des moyens.

Lycées : une évolution limitée des moyens

  • Solde prévisionnel : +22 postes
  • Après ajustement : +32 postes
  • 10 transformations de BMP en postes (au lieu de 17 demandées)

Une suppression de poste en SVT au Parc des Loges a été confirmée.

Entre 2022 et 2026, 20 postes de lettres classiques ont disparu, révélant une tendance structurelle inquiétante.

Dialogue social : des pratiques contestées

Plusieurs organisations ont dénoncé des consignes visant à ne pas présenter les suppressions de postes en conseil d’administration, afin de faciliter le vote des DHG.

Dans certains établissements, les représentants des personnels ne disposent plus d’informations complètes, ce qui affaiblit fortement le dialogue social.

Le débat sur le vote du TRMD a été central :

  • Pour les organisations syndicales : il doit être soumis au vote
  • Pour l’administration : il s’agit d’un outil de gestion, non soumis à délibération

Mme la DAASEN a indiqué que certains établissements attendent la phase d’ajustement de juin pour affiner leurs propositions.

Conditions de travail et réalités du terrain

Les interventions syndicales ont mis en évidence :

  • des effectifs par classe toujours élevés
  • des vies scolaires en difficulté
  • un manque d’AED et de CPE
  • des difficultés de remplacement
  • une pression accrue sur les équipes

Mme la DAASEN a évoqué une « prise en compte partielle » de la baisse démographique, à hauteur de 50 %, présentée comme une volonté de ne pas dégrader davantage la prise en charge des élèves.

Autres éléments abordés

  • 1303 heures supplémentaires équivalent à 74 ETP
  • 76 ETP au total avec créations spécifiques (CPE, documentalistes)
  • 27 personnels faisant fonction de chef d’établissement
  • Problématique des BMP de moins de 9h (fort taux non pourvus)

Une revue de la DSDEN avec des inspecteurs généraux est annoncée, avec des échanges anonymes prévus au printemps.

Analyse CGT Éduc’action 91

Derrière les annonces, la réalité est claire : les créations affichées ne compensent pas les besoins réels.

Les suppressions de postes, la pression sur les équipes et l’affaiblissement du dialogue social traduisent une politique budgétaire qui dégrade durablement le service public d’éducation.

La CGT Éduc’action 91 continuera d’informer, d’alerter et de mobiliser les personnels.

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